Arrabal Fernando

…Comme une cheval-folle...

Le 16 mai 2023

…j’ai vu la prodigieuse Isabelle Huppert   traversant la scène de Bob Wilson et nous comme une cheval-folle dans une incessante cavalleria-rusticana sans rétroviseur & sans se retourner; …joyeusement géniale, rebelle, unique… 

Version française

…nonagénaire, je me rappelle la prodigieuse Orna Porat au National Theatre of Israël (Habimah Theatre de Tel Aviv) dans la pièce que j’avais écrite à Jérusalem un an plus tôt,
…je me rappelle la prodigieuse Hélène Weigel-Brecht tirant le chariot de la maternité et du courage,
…je me rappelle la prodigieuse Mariangela Melato et sa fureur contre Orlando,
…je me rappelle la prodigieuse María Jesús Valdés « sacrificiel saisissant, un miracle!f »
…je me rappelle la prodigieuse Ruth Escobar à la fenêtre de la tour de Babel,
…je me rappelle la prodigieuse Zhao Ziyi enterrée jusqu’au cou des beaux jours,
… je me rappelle les prodigieux derviches de Bob Wilson sans sourd-muet qui, à six heures du matin, nous firent chavirer la tête et l’imagination dans Spring Street,
…je me rappelle la prodigieuse Nuria Espert et d’Aurora écoutant l’affliction de la patrie sur l’air de Viva-la-muerte,
…je me rappelle le Théâtre National de Bucarest et ses messagères de l’amour,
…je me rappelle la prodigieuse Miwa travestie par Mishima et le grand cérémonial,
…je me rappelle la prodigieuse truie du sublime incarnée par l’académicien du Kabuki,
…je me rappelle Grotowski constant envers le prince,
…je me rappelle Carmelo Bene en proie à ses caprices de dame des anges,
….je me rappelle Bob Wilson regardé par le sourd, par Aragon et moi,
….je me rappelle Tom O’Horgan dans l’île de la Mama,
….je me rappelle Víctor García à genoux avant qu’il finisse par accoucher,
….je me rappelle Kantor faisant son cours au milieu des morts,
….je me rappelle Ronconi et ses chars voguant sur les nuages et le cerveau du monde,
…je me rappelle Juan Carlos Pérez de la Fuente, architecte de Mésopotamie, et sa communion entre la scène et le public…
…je me rappelle etc etc

Versión español

…nonagenario, recuerdo a la prodigiosa Orna Porat en el Teatro Nacional de Israel (Teatro Habimah de Tel Aviv)
con Carta de amor que yo había escrito en Jerusalén un año antes,
…recuerdo a la prodigiosa Hélène Weigel-Brecht tirando del carro de los excluídos de Madre coraje,
…recuerdo a la prodigiosa Mariangela Melato y la furia de la La follia di Orlando de Ludovico Ariosto,
…recuerdo a la prodigiosa María Jesús Valdés de mi Como un suplicio chino « impresionantemente sacrificada, ¡un milagro!
…recuerdo a la prodigiosa Ruth Escobar en la ventana de mi Torre de Babel en São Paulo ,
…recuerdo a la prodigiosa Zhao Ziyi enterrada hasta el cuello en Oh les beaux jours de Samuel Beckett ,
…recuerdo a los prodigiosos derviches de Bob Wilson sin sordomudo que, a las seis de la mañana,
ponían patas arriba nuestras cabezas y nuestra imaginación en Spring Street,
…recuerdo a la prodigiosa Nuria Espert escuchando la aflicción de la patria al son de mi film Viva la muerte,
…recuerdo al Teatro Nacional de Bucarest y sus mensajeros de arrabalescos,
…recuerdo a la prodigiosa Miwa travestida por Mishima en mi El gran ceremonial,
…recuerdo a la prodigiosa cerda de lo sublime encarnada por el académico del Kabuki,
…recuerdo a la constante preocupación de Grotowski por el príncipe,
…recuerdo a Carmelo Bene en las garras de sus caprichos angelicales,
…recuerdo a Bob Wilson bajo la mirada del sordo, y juntos la de Aragon y mía,
…recuerda a Tom O’Horgan en la isla de la Mamá con mi El arquitecto y el emperador de Asiria,
…recuerdo a Víctor García de rodillas antes de dar a luz por fin,
…recuerda a Kantor pronunciando conferencias entre los muertos,
…recuerdo a Ronconi y sus tanques de cartón navegando sobre las nubes y el cerebro del mundo,
…recuerdo a Juan Carlos Pérez de la Fuente, arquitecto de Mesopotamia, y su comunión con el escenario y el público…
…recuerdo etc etc
…je me rappelle la prodigieuse Mariangela Melato et sa fureur contre Orlando,
…je me rappelle la prodigieuse María Jesús Valdés « sacrificiel saisissant, un miracle!f »
…je me rappelle la prodigieuse Ruth Escobar à la fenêtre de la tour de Babel,
…je me rappelle la prodigieuse Zhao Ziyi enterrée jusqu’au cou des beaux jours,
… je me rappelle les prodigieux derviches de Bob Wilson sans sourd-muet qui, à six heures du matin, nous firent chavirer la tête et l’imagination dans Spring Street,
…je me rappelle la prodigieuse Nuria Espert et d’Aurora écoutant l’affliction de la patrie sur l’air de Viva-la-muerte,
…je me rappelle le Théâtre National de Bucarest et ses messagères de l’amour,
…je me rappelle la prodigieuse Miwa travestie par Mishima et le grand cérémonial,
…je me rappelle la prodigieuse truie du sublime incarnée par l’académicien du Kabuki,
…je me rappelle Grotowski constant envers le prince,
…je me rappelle Carmelo Bene en proie à ses caprices de dame des anges,
….je me rappelle Bob Wilson regardé par le sourd, par Aragon et moi,
….je me rappelle Tom O’Horgan dans l’île de la Mama,
….je me rappelle Víctor García à genoux avant qu’il finisse par accoucher,
….je me rappelle Kantor faisant son cours au milieu des morts,
….je me rappelle Ronconi et ses chars voguant sur les nuages et le cerveau du monde,
…je me rappelle Juan Carlos Pérez de la Fuente, architecte de Mésopotamie, et sa communion entre la scène et le public…
…je me rappelle etc etc