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Arrabal Fernando

Tout auteur est un fou — Journée mondiale du théâtre, 1962

XXVII-III-MMXXV

Tout auteur est un fou et le fou est un auteur
Lorsque son front s’incline vers les « didascalies »
Les charlatans ensemble se félicitent dru
Emplis de leurs vetos et  certitudes molles.
Les sectes de caciques masquent les divergences
Au centre de leurs  blâmes qu’ils incitent à subir
Ils étalent les prix pour tenter les poètes
En parfumant de pus leur candeur idéale.
Travestis en chimères  pour les danses d’asile
Ils voudraient accéder aux  récifs du destin
Avec aigre impatience   rêvent d’un vieux théâtre 
Pour de nouveaux fouineurs censeurs de tout écrit.
Encadrés d’interdits sans cour et sans jardin  
Les nouveaux dramaturges plus maudits que jamais 
Exaltent fort la fête et encore plus l’étrange
Contrôleurs et milices leur hurlent leurs dictats.
Mais eux résistent à tous amortissant les chocs
Les disciples surdoués des scènes d’avant-garde 
Héritiers de Diogène et de Pan dissidents   
 Vont délivrer leur tête de la norme grégaire.
Brûlant la scène par leurs actes tragiques 
Ils distillent goutte à goutte la grâce séminale
Sur leurs sommets flottants ne craignent aucun déluge 
Augures de confusions fatalement exactes
« Capricants » obstinés  enfin universels
Ils triomphent déployant sur scène la poésie
Les fractales d’étoiles,  la fontaine des merveilles :
« La vierge, la vivace, la belle Apocalypse ».
 
27 mars 1962 « Théâtre des Nations » à Paris
Godot, Samuel Beckett (154cm) huile sur toile de Fernando Arrabal.

Todo autor es un loco — Día Mundial del Teatro, 1962

XXVII-III-MMXXV

Todo autor  es un loco y  el loco es un autor

Cuando su frente inclina  hacia  las « didascalías  »

Los charlatanes juntos  se felicitan tiesos

Ensopados de  vetos  y  certidumbres  blandas.

En el centro de retos, incitan   desafíos

Las  sectas de los mandos  encubren   diferencias

Se disputan el opio  para engarrotar   poetas

Perfumando con sangre   el candor derramado.

Ataviados de raros  para  bailes de asilo

Les gustaría  volar  sobre escollos del sino

Mientras  los disparatados  ojean  impacientes

Con nuevos sabihondos y guardacabras de oficio.

Enmarcados con puertas sin mutis ni socorros

Embrujan   con  la fiesta y más aún con  lo extraño

Fantasmas y fantoches  aúllan desde   lo alto

Sus cerebro les miran y y  no les reconocen.

Galopan inconscientes liquidando los vetos

Y  a  los discípulos vacuos  de clases  resignadas

Herederos del potro, y del amor  purgados

 Casi hundidos sus sesos en la  gregaria norma.

Empingorotados  en la escena  de su cabal trinchera

Destilan  con su  genio la gracia    gota a gota

En sus cimas flotantes ellos  temen naufragios 

Cercados de rencores fatalmente exactos

*

Escoltando sus  diluvios ya casi universales

Del fondo  de la pena  triunfan desplegando

Los ‘fractales’  de estrellas,   tras  la   estela y  duende:

“La  vierge , la  vivace, la  belle  Apocalypse”.

 

27 de marzo de 1962, «Théâtre des Nations» en París.

Godot, Samuel Beckett (154cm) cuadro al óleo de Fernando Arrabal.